Un ensemble de chiffres surprend chaque année les conducteurs : une simple remorque peut rendre un permis B insuffisant, alors qu’un permis B96 ou BE devient indispensable selon quelques kilos de différence. La réglementation ne s’aligne pas toujours sur le bon sens, et un détail oublié lors d’un contrôle peut coûter cher.
Obtenir la bonne catégorie implique de connaître précisément les seuils de poids, les démarches administratives à suivre et les coûts associés. Les distinctions ne se limitent pas à une question de formation, mais influencent concrètement les possibilités de transport au quotidien.
Permis B, B1, B96, BE : quelles différences et à qui s’adressent-ils ?
Les conducteurs expérimentés le savent : la catégorie de permis détermine la capacité à tracter une remorque ou un ensemble routier. Mais la différence entre permis B96 et permis BE ne saute pas toujours aux yeux. Éclaircissons les contours de chaque catégorie.
Le permis B donne accès à la conduite de véhicules jusqu’à 3,5 tonnes de PTAC, tout en autorisant une remorque de plus de 750 kg tant que le total (véhicule + remorque) ne franchit pas la barre des 3 500 kg. Ce titre reste valide pendant 15 ans, un détail qui compte si l’on roule souvent.
Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, la mention B96 prolonge le permis B. Elle offre la possibilité de tracter un ensemble dont la somme des PTAC oscille entre 3 501 et 4 250 kg. La formation, concise, dure seulement 7 heures et ne nécessite pas d’examen final. Une fois validée, la mention 96 s’ajoute au permis B. Cette formule cible les automobilistes désireux de transporter plus lourd pour les loisirs, un bateau ou un van, sans pour autant entrer dans la catégorie supérieure.
Le permis BE a remplacé l’ancien EB depuis 2013. Il s’adresse à ceux qui ont besoin de tracter un ensemble dont la somme des PTAC dépasse 4 250 kg, jusqu’à 7 000 kg. La marche à franchir est plus haute : examen théorique et pratique obligatoires. Ce permis s’adresse principalement aux professionnels, ou à ceux qui doivent tracter des remorques volumineuses ou des charges importantes. Quant aux titulaires du permis EB d’avant 2013, ils gardent leurs droits, mentionnés par le code 79.06 sur leur titre.
En résumé, ce sont bien les valeurs de PTAC, lisibles sur la carte grise de chaque véhicule ou remorque, qui fixent les règles du jeu. Mieux vaut choisir la catégorie qui colle à vos besoins réels, sous peine de mauvaises surprises lors d’un contrôle routier.
Quelles limites de poids et de remorque selon chaque permis ?
Pour saisir la différence entre permis B96 et permis BE, il faut d’abord se pencher sur les seuils en matière de poids total autorisé en charge (PTAC) propres à chaque catégorie. La règle ne laisse aucune place à l’improvisation : tout repose sur la somme administrative des PTAC, non sur le poids réel du jour.
Voici les plafonds à connaître pour chaque permis :
- Le permis B autorise la traction d’une remorque de plus de 750 kg, à condition que la somme des PTAC véhicule + remorque ne dépasse pas 3 500 kg.
- La mention B96, après formation, permet de circuler avec un PTAC total compris entre 3 501 et 4 250 kg. Parfait pour tracter un van ou une caravane lors d’un séjour sportif ou familial.
- Le permis BE donne accès aux ensembles dont la somme des PTAC grimpe de 4 251 à 7 000 kg. Cette catégorie vise clairement les usages intensifs, professionnels ou la traction de charges conséquentes.
Le choix du permis découle donc d’un calcul précis : additionner les PTAC, vérifier le seuil autorisé et choisir en fonction du projet. Ni le nombre d’essieux, ni le type de remorque n’entrent en compte : seule prévaut la donnée inscrite sur les cartes grises. En cas de contrôle, la réglementation se fonde toujours sur la valeur administrative, pas sur le pesage du jour.
Zoom sur les démarches, la formation et les coûts pour chaque catégorie
L’accès au permis B96 se distingue par sa simplicité. Une formation en auto-école d’une journée suffit : 7 heures, réparties entre théorie, exercices hors circulation et conduite sur route. Pas d’examen final, mais une validation directe par l’instructeur. Ensuite, la mention 96 s’ajoute à votre permis B grâce à une démarche sur l’ANTS. Cette formule séduit ceux qui tractent ponctuellement, remorque, van, caravane, sans ambitionner les ensembles massifs. Côté tarif, comptez entre 250 et 350 €, selon la région et le centre de formation.
Le permis BE s’adresse à un public averti, souvent professionnel. Ici, il faut repasser par la case examen : code (si plus de 5 ans), puis épreuves pratiques, hors et en circulation. La formation BE s’étale sur 10 à 20 heures, selon votre expérience, et se déroule obligatoirement en auto-école. Si vous avez entre 18 et 25 ans, le certificat JDC sera demandé. Cette procédure, plus structurée et exigeante, justifie un coût supérieur : de 700 à 1 200 € selon le volume d’heures et la politique de l’établissement choisi.
L’inscription se fait désormais en ligne via l’ANTS. France Travail et certaines associations peuvent parfois soutenir le financement, notamment pour le permis BE. Comptez plusieurs semaines entre la demande et la réception du permis, notamment pour le BE. Une fois la mention obtenue, sa validité atteint 15 ans, tout comme le permis B initial.
Comment choisir le permis adapté à vos besoins de conduite ?
Face au choix entre permis B96 et permis BE, tout commence par la somme des PTAC inscrite sur la carte grise du véhicule tracteur et de la remorque. Jusqu’à 4 250 kg cumulés, la mention B96 répond à la majorité des besoins ; au-delà, jusqu’à 7 000 kg, le BE s’impose sans alternative.
Pour vous aider à y voir clair, voici les usages typiques couverts par chaque catégorie :
- Usage loisir, ponctuel ou familial : transport d’une caravane, d’un van pour chevaux, remorque à bagages ; la plupart du temps, le B96 suffit. La formation est rapide, sans examen, et le budget reste modéré. Un choix adapté pour tracter occasionnellement, sans viser les charges extrêmes.
- Usage professionnel ou besoins réguliers : déménagements fréquents, transport de matériel lourd, remorques spécialisées ; ici, passer au BE devient incontournable. Ce permis offre une marge supérieure, appréciée dans l’agriculture, le BTP, l’événementiel ou chez les artisans.
Pensez aussi à la souplesse d’utilisation : le B96 ne permet pas de dépasser 4 250 kg, même exceptionnellement. Un changement d’activité ou de remorque peut rendre le BE indispensable. Pour les conducteurs soumis à des contrôles fréquents ou au transport professionnel, le permis BE s’impose comme une assurance face à la réglementation.
Les modalités de formation et d’inscription ne sont pas les mêmes : B96, direct et rapide ; BE, plus exigeant mais reconnu sur le marché du travail. Les deux titres affichent une validité de 15 ans, ce qui laisse le temps de faire évoluer ses projets ou son parc de véhicules.
Choisir le bon permis, c’est éviter les chausse-trappes administratives et rouler l’esprit libre, prêt à saisir la route sans craindre le prochain contrôle.


